Itinéraire 7 jours en famille en Eeyou Istchee Baie-James
On en a fait des roadtrips au Québec… mais c’est assurément en Eeyou Istchee Baie-James qu’on a eu notre plus grand sentiment d’évasion. Pendant une semaine, notre petite famille a pris la route vers le nord, loin… mais toujours au Québec! Sur la mythique route Billy-Diamond, on a découvert des kilomètres de chemins isolés, des paysages boréaux à perte de vue et des communautés cries et jamésiennes qui nous ont accueillis avec générosité.
On a roulé, exploré, pêché, appris, jasé, et pris le temps. Le temps de comprendre un territoire immense, d’apprivoiser son rythme, d’écouter ses récits. Le tout, avec une bonne préparation, une voiture fiable, un enfant curieux… et l’envie d’aller plus loin — au sens propre comme au figuré!
Vous rêvez vous aussi de découvrir le Québec autrement? Voici notre itinéraire complet en Eeyou Istchee Baie-James.
Jour 1 – Cap vers le Nord
Trajet : Québec > Chibougamau (513 km)
Notre grande aventure en Eeyou Istchee Baie-James commence tôt le matin à Québec, direction Chibougamau. Arrivés à destination, on en profite pour se dégourdir avec une randonnée au Centre plein air Mont-Chalco. Cette montagne de ski reconvertie en destination quatre saisons est tout indiquée pour les familles. On atteint rapidement le sommet, ce qui est parfait pour les p’tites jambes des minis! Et c’est le bonheur lorsqu’on combine ça avec de la cueillette de fraises des champs, de bleuets sauvages et de thé du Labrador! Pour ceux qui aiment le vélo de montagne, sachez que le Mont-Chalco est aussi très prisé pour ses sentiers que l’on avait eu le plaisir d’explorer l’été dernier avec Chibougamau Aventure!
Pour le souper, direction la Microbrasserie Maître Renard, une adresse incontournable de Chibougamau. Loin de se limiter à une simple bouffe de pub, l’endroit propose un menu soigné, une carte de bières artisanales variée, une ambiance chaleureuse… et plein de jeux pour les enfants.
Pour la nuit, on pose nos valises au Gîte L’Antre-Temps, où Hélène, la propriétaire, nous accueille avec une grande gentillesse. Une adresse douillette, conviviale, et parfaite pour décompresser.
Jour 2 — En route vers Matagami
Trajet : Chibougamau > Chapais > Matagami (397 km)
Deuxième journée de route, direction ouest cette fois : cap sur Matagami. Après avoir quitté Chibougamau, on fait une pause bien méritée à Chapais au resto La Cabane du Boulevard. Un arrêt sans prétention, mais bien apprécié, en plein cœur d’un village qui vaut le détour.
Pour la suite, n’écoutez pas votre GPS qui veut vous envoyer sur un petit chemin forestier… il faut se rendre à Lebel-Sur-Quévillon avant de bifurquer sur une route de gravier qui vous amènera à Matagami. Un itinéraire droit, isolé, bordé de forêt à perte de vue… mais à aborder avec prudence! Cette portion demande une attention particulière : si vous avez des pneus traditionnels 4 plis, mieux vaut ne pas trop rouler vite. Nous, on a fait une crevaison en chemin, et on a été bien contents d’avoir une roue de secours déjà montée sur une jante. Première leçon de roadtrip nordique!
En fin d’après-midi, on arrive enfin aux Écogîtes du lac Matagami, nichés en pleine forêt, directement sur le bord de l’eau. Trois chalets en bois et deux yourtes offrent un hébergement simple, confortable et charmant. Parfait pour déconnecter! On profite du calme des lieux, d’une balade sur les rives du lac et même d’une baignade. Une soirée comme on les aime.
Jour 3 — Culture et forêt boréale à Matagami
On commence la journée tout en douceur avec une activité qui nous a vraiment charmés : une visite à la Galerie d’art AU de Matagami, dirigée par l’artiste peintre Stéfanie Thompson. En plus d’admirer les œuvres de Stéfanie et d’autres artistes de la région, on participe à un atelier de création. Un moment simple, accessible à toute la famille, où même notre grand garçon a pu laisser aller son imagination.
Sur place, l’espace café est aussi une belle surprise. On y sert de bons petits plats faits maison dans une ambiance chaleureuse, et surtout… on y trouve l’un des rares lattés de la région! Un luxe qu’on ne tient pas pour acquis quand on voyage en Eeyou Istchee Baie-James, alors on en a bien profité.
En après-midi, on rejoint Pierre, le propriétaire des Écogîtes du lac Matagami, pour un atelier d’interprétation de la flore locale. En parcourant les environs, il nous fait découvrir les plantes et champignons comestibles qu’on retrouve dans la région — certains qui soignent, d’autres qui parfument une tisane, et d’autres encore qu’il faut éviter! On repart avec un sachet de plantes cueillies et prêtes à être infusées lors de nos prochaines soirées au campement.
Jour 4 — Route Billy-Diamond jusqu’à Radisson
Trajet : Matagami > Radisson (619 km)
Aujourd’hui, on fait le trajet que l’on attend depuis le début du voyage. Direction Radisson, en empruntant la mythique route Billy-Diamond (anciennement la route de la Baie-James).
Longue de 620 km entre Matagami et Radisson, cette route est une expérience en soi. On s’y sent tout petit, entouré d’une nature boréale majestueuse : forêts à perte de vue, lacs immenses, ciel qui semble encore plus grand. L’asphalte est en bon état et la conduite se fait bien, mais attention : aucun village n’est traversé entre Matagami et Radisson, à l’exception du relais routier kilomètre 381, qui sert de point de ravitaillement (essence, toilettes, resto, grignotines, réseau cellulaire… bref, tout ce qui devient précieux quand on roule dans ce type de région!).
On roule une bonne partie de la journée, profitant du décor et de la tranquillité. En chemin, il existe plusieurs haltes très intéressantes pour casser la croûte, faire une petite randonnée ou encore pêcher un peu :
- Rivière Broadback : une halte populaire pour la beauté du paysage.
- Rivière Rupert : parfait pour pique-niquer ou se dégourdir les jambes.
- Halte des Passages : un endroit paisible où plusieurs s’essaient à la pêche.
Certaines haltes offrent même des campings rustiques qui sont gratuits. On aime!
On termine la journée à Radisson, notre base pour explorer le coin. Côté hébergement, on a testé deux options bien différentes lors de notre séjour : le Camping Radisson pour dormir sous les étoiles, et l’Auberge Radisson pour un peu plus de confort. Deux bons choix!
Jour 5 – Radisson : petite localité, grande puissance
Bienvenue à Radisson, la localité permanente la plus au nord du Québec accessible par voie terrestre. On parle ici d’un petit village d’environ 150 à 200 habitants, où toutes les rues sont nommées en ordre alphabétique — littéralement impossible de se perdre!
On débute notre journée avec un atelier d’écriture animé par l’autrice Hélène Desgranges, dans le cadre du projet VäHumania. Une activité toute simple, mais d’une richesse inattendue. À travers des échanges autour du thème de l’identité nordique, Hélène partage avec nous son quotidien, ses anecdotes et son amour pour Radisson. C’est une belle occasion d’entrer en contact avec une résidente locale, d’avoir des réponses à nos mille questions, et de porter un regard plus éclairé sur cette communauté isolée, mais tissée serrée.
Puis, cap sur l’aménagement Robert-Bourassa, l’une des plus grandes centrales hydroélectriques au monde. C’est ici que se produit près de la moitié de l’électricité consommée au Québec, rien de moins! La visite gratuite offerte par Hydro-Québec nous a complètement fascinés. Accompagnés d’un guide, on explore d’abord les points de vue extérieurs avec leur célèbre escalier géant taillé dans le roc. Puis, on se rend dans la centrale, où le grondement des turbines rappelle toute la puissance de l’eau qui circule sous nos pieds. En descendant dans les galeries souterraines, on comprend l’ampleur titanesque de l’infrastructure — et le génie derrière sa construction.
La visite est très bien vulgarisée et plaira assurément autant aux petits qu’aux grands curieux. Une belle fierté du savoir-faire québécois!
Jour 6 – Une journée entre culture jamésienne et identité crie
On entame notre sixième journée sur un rythme plus doux en allant explorer les alentours de Radisson à vélo.
Sur notre trajet, on fait un arrêt coup de cœur à la boutique Arts & Trésors Inouïs. On y rencontre Madeleine, une passionnée qui partage avec bonheur ses connaissances sur les cultures autochtones d’ici et d’ailleurs! Ce lieu va bien au-delà d’un simple magasin : c’est un véritable centre d’interprétation improvisé, rempli d’objets d’art, d’histoires et de récits.
Direction ensuite les Jardins du 53e Taïga, où on découvre comment un jardinier passionné parvient à faire pousser des fruits et légumes frais en pleine taïga. La visite est à la fois fascinante et inspirante : voir des tomates croître à cette latitude, c’est tout un exploit!
Trajet : Radisson > Chisasibi (105 km)
En après-midi, on prend la route pour Chisasibi, la communauté crie la plus accessible du coin. À notre arrivée, on visite le Centre culturel et du Patrimoine de Chisasibi, un lieu magnifique qui raconte avec sensibilité les traditions, la spiritualité et l’histoire de la nation crie. Expositions, artefacts, récits : tout est pensé pour nous plonger dans le mode de vie des Cris.
Mais le moment fort de notre passage à Chisasibi est sans contredit notre escapade au bord de la baie James. Après environ 20 km sur un chemin de terre (ça se fait bien!), on arrive au bord de l’eau. Wow! Ce n’est pas tous les jours que l’on peut se tremper les orteils dans la baie James!
Jour 7 — Partage et traditions à Waskaganish
Trajet : Radisson > Waskaganish (552 km)
Pour cette dernière journée du roadtrip, on reprend la route Billy-Diamond en direction sud cette fois-ci pour rejoindre Waskaganish, une communauté crie nichée au bord de la rivière Rupert. Assurément notre gros coup de cœur du voyage!
On a de la chance, puisque notre arrivée à Waskaganish coïncide avec une grande fête. Les Cris venaient tout juste de faire une excellente pêche et souhaitaient partager leur récolte avec tout le monde… y compris nous! Accueillis comme des amis, on se retrouve autour du feu à aider à fumer et griller les poissons et à participer à un repas collectif dans une ambiance authentique et festive. Rares sont les expériences aussi humaines, aussi simples et aussi riches à la fois!
Sur place, on prend également part à un atelier de confection de leurres d’oie en branches de tamarack, une tradition crie transmise de génération en génération. De plus, un guide local nous fait explorer Waskaganish, et même sa résidence avec sa fameuse « smoke house », où pas mal tous les repas sont préparés. On termine la visite par une virée dans le secteur de Smokey Hill, un lieu de rassemblement annuel pour les Cris.
Pour dormir, on séjourne au Kanio-Kashee Lodge, une auberge gérée par la communauté, avec vue sur la rivière. Le confort est simple, mais on apprécie avoir cette option d’hébergement dans Waskaganish.
Voir grand, voir loin, voir vrai.
Ce voyage en Eeyou Istchee Baie-James, c’est bien plus qu’un itinéraire de plus à cocher sur une liste. C’est une rencontre humaine et culturelle avec des gens qui prennent le temps de nous raconter leur Nord. C’est un voyage en territoire cri et jamésien, dans le respect, l’émerveillement et l’apprentissage. C’est aussi la preuve qu’on peut vivre une aventure dépaysante, sans quitter le Québec.
Merci à Eeyou Istchee Baie-James pour cette belle collaboration!